Notre secrétariat et nos Statuts
Parlons franchement
Le cancer de la prostate en 2003:
Quels sont les besoins des patients et des proches ?
Charles-Henri Rapin
Lui-même survivant
du cancer de la prostate, Charles-Henri Rapin est médecin gériatre,
spécialisé en soins palliatifs et en soins communautaires pour
les personnes âgées, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de
Genève depuis plusieurs années. Il a été lauréat du prix 2002 du
Forum d’Engelberg (Pain and suffering in Medicine), et il est actuellement
directeur du Centre Interfacultaire de Gérontologie de l’Université de
Genève. Clinicien, chercheur, éducateur et conférencier, le Prof.
Rapin compte dernièrement au nombre de ses multiples réalisations
celle de défenseur des droits et des valeurs des patients.
On m'a demandé récemment
de donner mon point de vue sur la situation du cancer de la prostate à Genève.
C'est toujours difficile d’être malade, mais pour un médecin, c’est
encore différent… Nous osons espérer qu’au-delà de leurs certitudes,
les médecins et les professionnels de santé partagent le même sentiment
d'impuissance, d’incertitude et d’ignorance que les patients et
leurs proches.
Après le choc à l’annonce
du diagnostic. Les espoirs et les souhaits qui m'ont habité en
tant que malade puis survivant du cancer de la prostate m'ont amené à espérer
que le médecin et le patient désirent tous deux prendre des décisions
en s'appuyant sur l'information la plus pertinente qu'on puisse
trouver, et que l'un et l'autre désirent donner et recevoir des
soins attentionnés, s’appuyant sur des connaissances validées.
Malheureusement
le cancer et les problèmes liés à la prostate ont été longtemps
considérés comme principalement un problème de vieux messieurs,
avec toutes les conséquences qui s’en sont suivies, idées toutes
faites, manque de données scientifiques, tabou à propos de la sexualité,
expression scientifique fausse renforçant le poids des représentations,
etc… Malheureusement la réalité du cancer précoce de la prostate
touche aussi depuis quelques années de plus en plus d’hommes jeunes
voir très jeunes.
Cela dit, nous,
les patients, désirons formuler des demandes précises maintenant
que le cancer de la prostate constitue le cancer le plus courant
et arrive au deuxième rang de la mortalité causée par le cancer
chez l'homme. L'ampleur de ce problème de santé publique ne devrait
pas être sous-estimé: 10 % des hommes seront atteints d'un cancer
manifeste au cours de leur vie, et les taux de mortalité sont actuellement à la
hausse. Il est donc devenu urgent de se préoccuper de ce problème
de santé publique.
Nous, les patients,
devons constater que les progrès évoluent et se propagent lentement.
Des efforts de recherche plus soutenus sont donc indispensables.
Je présente la liste de souhaits actuels dans l'espoir que les
générations à venir auront moins de problèmes que nous. Nous désirons:
une attention plus grande sur les conséquences au plan social du
cancer de la prostate et de ses traitements, et la reconnaissance de
l'impact de ceux-ci sur les malades, les proches et les familles.
Il y a un
besoin urgent d'information sur la maladie et sur ses mécanismes,
particulièrement sur les différents stades de ce cancer. Ceux
de nous qui ont été confrontés à un choix de traitement avaient
besoin de plus d'information qu'il n'y en avait de disponible.
En tant que patients, nous devons être en mesure de faire des
choix éclairés et, pour y arriver, nous avons besoin de toutes
les ressources médicales et sociales possibles.
Cela nous
conduit au cœur du problème. En effet, les ressources nécessaires
devront être mises à disposition pour que ces souhaits deviennent
réalité. Nous ne voulons pas un simple transfert de ressources
d'un point à l'autre, car tous ces cancers et toutes ces maladies
ne devraient pas faire l'objet d'une lutte pour l'obtention de
fonds de recherche. Espérons plutôt que plus de ressources soient
allouées aux questions de santé. Toutefois, nous insistons pour
que le cancer de la prostate figure au premier rang des listes
de priorités, avec le cancer du sein, du poumon, par exemple.
Inspiré du texte du Dr. Richard L. Cruess dans la Revue Entre-Nous,
1997.
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PROSCA
est une Association de soutien aux personnes touchées par le
cancer de la prostate. L'Association a été fondée par des hommes
et des femmes qui ont été confrontés ou ont vécu la maladie.
La mission de ses membres est de défendre les intérêts des patients,
de leurs proches et de leur famille, les aider dans leur prise
en charge et améliorer la qualité et la diffusion de l’information.
L’Association a été officiellement constituée le 18 février 2003
(FOSC).
L'Association de soutien aux personnes touchées par le cancer de la
prostate (PROSCA) fait suite au projet groupes qualité de vie et
cancer de prostate mis en place par la Planification Sanitaire
Qualitative (PSQ) du Département de l'Action Sociale et de la Santé,
sous l'impulsion du Professeur Charles-Henri RAPIN, gériatre aux HUG
et professeur à l'Université de Genève, lui-même ancien patient touché par
le cancer de la prostate.
Les objectifs du projet étaient de formuler des recommandations basées
sur le savoir et le vécu des patients afin d'améliorer la qualité de
vie des personnes atteintes et touchées par le cancer de la prostate.
Afin de réaliser ces objectifs, des groupes pilotes de patients et
proches (hommes et femmes) personnellement touchés par la maladie avaient été constitués.
Les sessions de consultations des groupes se sont tenues au mois de
juillet 2002 et l'idée d'une association avait déjà commencé à germer.
Mais comment créer une Association ? Par où commencer ?
En octobre 2002, Suzanne Pétalas (Chipman) qui participait aux groupes
pilotes, décidait d'aller de l'avant. Le 18 octobre 2002, elle adressait
un courrier personnel aux personnes qui avaient participé aux groupes
pilotes. Quatre personnes ont répondu positivement: Charles-Henri Rapin,
Thérèse et Hubert Rolle, David James. D'autres participants ont pris
contact et expliqué que pour diverses raisons, ils ne pouvaient pas
se joindre au projet.
A partir de ce moment, les cinq personnes qui avaient répondu "présent(e)s" se
sont réunies à intervalles réguliers, de novembre à janvier 2003 pour
définir les objectifs de l'Association, ses spécificités, ainsi que
l'établissement de ses statuts. Ainsi, PROSCA a vu le jour le 18 février
2003 (FOSC). Ce noyau de personnes constitue le Comité de l'Association
qui travaille avec acharnement pour atteindre ses objectifs et répondre
aux besoins. Récemment, le Comité s'est élargi pour accueillir Michel
Amey.
PROSCA est la seule Association officielle en Suisse qui œuvre pour
les personnes touchées et concernées par le cancer de la prostate.
Ces associations très nombreuses et actives en Amérique du Nord sont
inexistantes dans les pays francophones.
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L'information
fournie par PROSCA est générale et ne peut pas remplacer une
consultation avec un médecin ou un professionnel de la santé qui
connaît bien la situation personnelle de chaque personne.