↓ |
| |
|
TRAITEMENTS POSSIBLES |
| |
|
1/ Attendre et surveiller
2/ Traitement curatif local et des environs immédiats
(guérison ?)
3/ Traitement palliatif (ganglions, métastases) |
| 1/ ATTENDRE et SURVEILLER |
2/ TRAITEMENT CURATIF LOCALISE |
3/ TRAITEMENT PALLIATIF |
- si le patient le souhaite
- si le pronostic le permet
- si survie possible > que espérance de vie (âge< 75
ans)
|
traitement
limité à la
prostate + environnement immédiat |
Stade avancé (os
et/ou ganglions atteints) |
| ↓ |
↓ |
↓ |
| si
cancer déclaré à soins
palliatifs (voir rubrique 3) |
a/ ablation
de la prostate
- rétropubienne
- laparoscopie
- périnéale
|
a/
hormonothérapie
- intermittente
- durable |
| hormono-thérapie chimiothérapie |
b/
radiologie
- externe
- interne (brachythérapie)
|
b/
radiothérapie
palliative |
| |
c/autres
-
HIFU
- Phytothérapie
- Autres compléments
NB : combinaison possible de certains traitements
|
c/ traitement
de la douleur |
Terminologie et notice explicative
Analyse
usuelle du sang
Fait
partie de la prévention santé dès 50 ans. Certains médecins
estiment qu’il faudrait ouvrir à ce stade déjà le débat
sur les enjeux du dépistage
Troubles
de la miction
Ils
peuvent signaler une infection, un adénome (hyperplasie
bénigne) ou un cancer de la prostate (20-30% des cas),
d’où la nécessité de procéder à un dépistage. Parfois
l’adénome peut déboucher sur un cancer.
Dépistage
-
Toucher rectal : premier examen empirique et subjectif
(la manière d’apprécier peut varier d’un médecin à l’autre),
parfois insuffisante, mais fort utile d’où sa pratique
très courante
-
PSA ; le dosage de l’antigène spécifique du cancer
de la prostate (PSA = glycoprotéine) par son usage très
répandu joue un rôle capital dans le dépistage précoce
-
Echographie endorectale : l’introduction d’une sonde
par le rectum permet d’analyser avec précision le tissu
de la prostate et sert surtout à guider la biopsie
-
Biopsie :apporte la preuve histologique de l’existence
ou non du cancer par analyse au microscope de prélèvements
effectués dans le tissu de la prostate ; réalisé au
moyen d’une aiguille automatique (biopty) et avec l’aide
d’une sonde endorectale ; examen considéré comme
peu douloureux, mais pourtant désagréable pour le patient ;
réalisé dans le cadre d’une consultation externe, nécessitant
un séjour à l’hôpital de quelques heures si effectué sous
narcose
PSA
-
Se mesure en nanogrammes par millilitre ng/ml
-
PSA ≥ 4 : taux normal (par dosage immuno-enzymatique) ;
le test n’est pas d’une fiabilité absolue ; un risque
ténu de mauvaise surprise subsiste ; les valeurs-limites
s’élèvent avec l’âge
-
PSA < 4 > 10 ; zone incertaine : la situation
ne justifie pas d’intervention ; mais des contrôles
périodiques s’imposent (tous les 6-12 mois)
-
PSA < 10 : le danger guette ; une biopsie
s’impose ; bien que la prostate ne soit guère plus
volumineuse qu’une châtaigne, une petite tumeur peut échapper à la
vigilance de l’opérateur, qui effectue au moins six prélèvements
(trois dans chacun des deux lobes de la glande). Le médecin
prescrit un traitement antibiotique avant et après l’intervention
(au total 4-5 jours)
-
Score de Gleason : mesure l’agressivité (pouvoir
de multiplication donc rapidité de la progression) de
la tumeur sur une échelle de 2-10 ; 2-4 faible,
5-7 moyenne, 8-10 élevée
On
veillera à effectuer les contrôles de PSA toujours dans
le même laboratoire, les méthodes d’analyse variant de
l’un à l’autre.
Attendre
et surveiller (wait and watch)
Dans
des circonstances précises, la lenteur de progression
du cancer dispense au moins provisoirement de toute intervention,
si le pronostic le permet, si la survie probable n’atteint
pas l’espérance de vie du patient (âge minimum 75 ans) ;
enfin si le patient le demande : dans ce cas, il
court le risque de voir son traitement se limiter à des
mesures palliatives, si la surveillance n’est pas régulière.
Toute décision concernant l’application d’un traitement
tiendra compte de l’antinomie qualité ßà durée de vie.
Traitements
curatifs localisés
Le
plus tôt le mieux : la précocité du traitement en
favorise l’efficacité ; appliqués fréquemment en
combinaison, ils guérissent généralement.
Chirurgie : prostatectomie
radicale : elle consiste en l’ablation de la totalité de
la glande, de la capsule qui l’entoure et des vésicules
séminales ; on prélève aussi les ganglions lymphatiques
les plus proches pour vérifier l’absence de métastases
microscopiques ; la vessie est remise en continuité avec
l’urètre, afin de rétablir l’évacuation naturelle des
urines. Une surveillance régulière du PSA pendant plusieurs
années confirmera la réussite de l’intervention. Elle
obtient les meilleurs résultats quant à la survie. Il
en existe trois approches :
- rétropubienne :
la plus classique consiste à opérer derrière le pubis
après incision sur le bas-ventre
- laparoscopique :
intervention guidée par une minuscule caméra numérique
introduite par le nombril
- périnéale. :
intervention directe depuis le scrotum, entre les testicules
et l’anus.
Plus
que l’approche, c’est la pratique et l’expérience de
l’opérateur qui comptent dans le choix de la méthode.
Bien que les techniques opératoires ne cessent de s’affiner,
l’opérateur ne parvient pas toujours à épargner les nerfs
microscopiques de l’érection, d’où un risque certain
d’impuissance sexuelle ; l’intervention risque aussi
de léser le sphincter strié de l’urètre à l’entrée de
la verge ; l’incontinence qui en résulte disparaît
au bout de quelques mois à l’aide de la physiothérapie.
Quelques hôpitaux se sont équipés de robots qui travaillent
avec davantage de précision et de sécurité que la main
de l’homme : les dégâts diminuent sensiblement et
parallèlement la durée du séjour à l’hôpital.
Effets
secondaires : ils portent sur l’incontinence
urinaire et l’impuissance. Le contrôle normal de continence
urinaire revient habituellement au bout de 2-3 mois
après la prostatectomie radicale, mais un certain degré d’incontinence à l’effort
peut persister durablement. Si l’incontinence urinaire
demeure gênante après une rééducation bien faite, on
envisagera la mise en place d’un sphincter artificiel.
L’impuissance
survient aussi habituellement dans les premiers mois
qui suivent l’intervention. Les chances de récupérer
des érections sont liées à l’âge du patient, , à la préservation
des nerfs érecteurs, et au stade de la maladie. 60-90%
des patients restent impuissants après l’opération, proportion
qui devrait baisser avec le perfectionnement des techniques
opératoires.
Radiothérapie :
la méthode consiste à détruire (brûler) les cellules
cancéreuses par des agents physiques.
- Externe :
l’accélérateur linéaire de particule dirige les rayons
sur la prostate et éventuellement sur les ganglions latéraux
au moyen d’une brève exposition quotidienne pendant 6 – 8
semaines. De conception récente, la technique dite conformationnelle adapte
les doses de radiothérapie à la conformation du patient
et plus particulièrement de sa prostate. Plus récente
encore, la technique dite à intensité modulée adapte
le rayonnement à la zone atteinte : le centre ou
la périphérie de la tumeur. Si des dommages peuvent apparaître à titre
transitoire à la vessie et au rectum, l’impuissance se
manifeste au bout de quelques années dans 30-50% des
cas.
- Interne :
méthode pratiquée depuis une quinzaine d’années aux Etats-Unis,
la brachythérapie interstitielle (ou curiethérapie)
consiste à introduire dans la prostate par le périnée
50 – 60 grains d’iode 125 radioactif emballés dans du
titane. Le patient ne perçoit pas la présence de ces
grains qui détruisent progressivement la prostate en
quelque six mois et y séjournent définitivement. Il est
rare que l’intervention entraîne l’impuissance ;
en revanche des troubles de la miction apparaissent fréquemment,
auxquels il est possible de remédier lors d’une intervention
directe par la verge. Pratiquée depuis quelques années
dans deux hôpitaux suisses, l’opération intéresse surtout
les patients dont la tumeur se situe à un stade initial.
Les caisses-maladie ne la prennent pas en charge.
Effets
secondaires : la radiothérapie externe peut
entraîner des troubles intestinaux (diarrhée, colite)
et des troubles urinaires survenant essentiellement
pendant le traitement (fréquence urinaire, diminution
du jet, envies pressantes, brûlures, présence de sang
dans les urines). Elle peut aussi engendre une certaine
fatigue. Environ 40-60% des patients traités par radiothérapie
externe présentent des troubles de l’érection, qui
se manifestent parfois plusieurs mois après la fin
du traitement.
La
bracchythérapie a des effets secondaires très limités,
n’entraînant aucune incontinence, mais des troubles de
l’érection dans 10-15% des cas.
Ultrasons à haute
fréquence (HIFU) : la méthode nouvelle en
cours d’évaluation utilise une source d’énergie par
ultrasons de haute intensité (Ablatherm) délivrée par
voie transrectale pour détruire par la chaleur les
cellules malignes, ces dernières étant beaucoup plus
sensibles à la chaleur que les cellules saines. Elle
se pratique sous anesthésie loco-régionale dans quelques
hôpitaux européens, soit à titre curatif, soit en situation
extrême.
Le
traitement qui dure 1-3 heures (400 à 600 tirs) selon
le volume de la prostate s’achève par la pose d’une sonde
qui permet une évacuation normale des urines et laisse
le temps à l’œdème de se résorber (3-8 jours). Les séquelles
consistent dans l’incontinence urinaire légère à modérée
(8% des cas), le rétrécissement de l’urètre (sténose
8%), et l’impuissance (22-66% selon préservation des
nerfs érecteurs).
Autres :
les autres interventions (hormonothérapie, phytothérapie,
régimes alimentaires, vitamines, alicaments, acupuncture,
exercice physique, etc.) complètent généralement le traitement
principal.
Phytothérapie :
il existe de nombreuses substances dans la nature qui
utilisées directement ou en combinaison entre elles renforcent
les défenses immunitaires ; elles contribuent à abaisser
sensiblement le taux de PSA, surtout chez les patients
résistant aux traitements hormonaux, enfin elles soulagent
la douleur, lorsque les métastases ont envahi l’organisme.
Au
bout de plusieurs mois, certains traitements peuvent
conduire à la disparition complète et durable des symptômes,
sans que l’on puisse dire encore s’il s’agit d’une guérison.
Les recherches en matière de biologie cellulaire pourraient
apporter de grandes surprises ces prochaines années.
Malheureusement la transparence ne caractérise guère
ce domaine en pleine effervescence.
La
prostatectomie totale livre son diagnostic au bout de
six semaines. La guérison est acquise, si le taux de
PSA est descendu à une valeur proche de 0. Les autres
méthodes travaillent sur le moyen et le long termes et
le taux de PSA, quoique bas, ne confirme pas la guérison
complète. Une incertitude demeure.
Lorsque
des complications surgissent après l’un ou l’autre de
ces traitements (incontinence, impuissance), la rééducation
par la physiothérapie et des interventions psycho-sexo-sociales
produisent généralement de bons résultats.
Traitements
palliatifs
Ils
interviennent à un stade avancé, lorsque la tumeur étend
ses ramifications aux os, aux organes et/ou aux ganglions
lymphatiques. La scintigraphie osseuse, le scanner et
l’imagerie par résonance magnétique fournissent des indications
précises.
A/
Hormonothérapie : le traitement tente de s’opposer à l’action
des androgènes dans les cellules de la prostate, objectif
atteint soit par castration chimique ou médicamenteuse,
soit par un médicament anti-androgène.
- Irréversible,
la castration chirurgicale (orchidectomie) entraîne
un effondrement du taux de testostérone à son niveau
plancher, mais aussi des effets secondaires (impuissance
sexuelle totale et définitive, disparition de la libido),
bouffées de chaleur fréquentes, auxquelles il est possible
de remédier. La grande majorité des hommes lui préfère
la castration chimique qui fait appel à des médicaments,
ayant pour propriété de bloquer l’action de la glande
hypophyse dans le cerveau, laquelle stimule la sécrétion
de testostérone. La castration médicamenteuse produit
les mêmes effets que l’orchidectomie, mais l’interruption
du traitement permet de récupérer intégralement la fonction
sexuelle et supprime les bouffées de chaleur.
- Les
anti-androgènes inhibent le métabolisme des androgènes
circulant dans les cellules de la prostate. Les anti-androgènes
stéroïdiens agissent simultanément sur les cellules
de la prostate et sur l’hypophyse ; ils atténuent
aussi les bouffées de chaleur, mais entraînent l’impuissance
sexuelle. Les anti-androgènes non stéroïdiens bloquent
la pénétration de la testostérone dans la prostate et
entravent la stimulation des cellules malignes. Utilisés
seuls, ils ne provoquent pas d’impuissance, ce qui se
produit rarement, car leur usage se conjugue le plus
souvent avec la castration médicamenteuse.
En
principe, le traitement hormonal se poursuit continuellement
tout au long de l’évolution de la maladie, au risque
de perdre de son efficacité par accoutumance. C’est pourquoi
les médecins s’efforcent d’alterner le traitement avec
des périodes d’abstention (traitement intermittent sur
des périodes de trois à six mois) ou de modifier les
substances utilisées. L’arrêt intermittent du traitement
ralentit, voire interrompt, le processus d’accoutumance.
Des études cliniques cherchent à vérifier le bien-fondé de
cette méthode.
Effets
secondaires : après traitement hormonal, 90%
des hommes présentent une diminution voire la disparition
de la libido, un gonflement et une sensibilité des
seins. Certains anti-androgènes peuvent aussi entraîner
des effets secondaires : diarrhées, difficultés
respiratoires, troubles de l’accommodation visuelle
etc. A long terme, le traitement hormonal peut entraîner
une ostéoporose avec fragilisation osseuse.
Chimiothérapie :
elle ne se prête guère au traitement du cancer de la
prostate, qui se caractérise par des temps de division
cellulaire très longs et non synchronisés.
B/
Radiothérapie palliative : il s’agit d’une
forme d’antalgie visant à traiter les métastases osseuses
douloureuses. Elle donne de bons résultats, puisque
60-70% des patients présente une nette diminution,
voire la disparition de leurs douleurs dans les semaines
qui suivent. Si les douleurs sont diffuses, on se sert
actuellement du strontium radioactif qui injecté par
voie intraveineuse se fixe sur les zones douloureuses.
L’effet est aussi excellent avec une réduction des
douleurs 8-15 jours après l’injection qui dure plusieurs
mois.
C/
Traitement de la douleur : lorsque les douleurs
liées aux métastases osseuses se font pressantes, il
ne faut pas hésiter à recourir aux dérivés oraux de
la morphine. Un centre anti-douleur dispose des compétences
pour prendre en charge ce type de traitement, qu’il
serait opportun de compléter par un soutien psychologique
du patient et de sa famille.
Stades
Le stade du
cancer de la prostate indique son degré d’extension dans
la glande, aux tissus avoisinants et autres organes.
Il détermine en grande partie le type de traitement à appliquer
et permet en association avec d’autres éléments de prédire
le pronostic de la maladie.
Le
système TNM décrit l’extension de la tumeur primitive
(T), l’absence ou la présence de métastases ganglionnaires
(N), ainsi que des métastases à distances (M). Le stade
clinique est déterminé par le toucher rectal, les biopsies,
l’échographie endorectale, et l’IRM avec antenne endorectale.
Quatre étapes
décrivent le stade T :
- T1
correspond à une tumeur non perçue au toucher rectal.
T1a et T1b correspondent à des cancers découverts incidemment
lors de l’examen du tissu prostatique obtenu au cours
d’une intervention pour adénome bénin de la prostate.
Découverts par accident, ils représentent moins de 5%
(T1a) ou plus de 5% (T1b) du tissu prostatique enlevé.T1c
correspond à un cancer découvert par biopsies provoquées
par une élévation suspecte du taux de PSA.
- T2
correspond à un cancer palpable au toucher rectal et
qui semble localisé à la glande intéressant un seul (T2a)
ou le deux lobes (T2b) de la prostate.
- T3
correspond à un cancer qui s’étend en dehors de la prostate
et/ou des vésicules séminales (T3b)
- T4
correspond à un cancer qui a envahi les organes adjacents à la
prostate : vessie, rectum, muscle.
Stade
N
N0
correspond à l’absence d’envahissement lymphatique et
N1 à l’envahissement d’un ou de plusieurs ganglions du
petit bassin.
Stade
M
M0
correspond à l’absence de métastases à distance et M1 à la
présence de métastases en dehors du petit bassin (os,
poumon, foie cerveau).
Statistiques
Il
faut s’en méfier. D’une part les médecins les utilisent à leur
convenance et les patients s’en inquiètent trop souvent
inutilement. Les chiffres concernant les taux de récidive
sont à considérer avec prudence. D’autre part, ils retardent
souvent par rapport aux derniers développements des traitements
médicaux. Positiver est indispensable en l’occurrence: « si
j’ai 30% de chances de m’en sortir, je serai du lot ! »
Sources :
-
La prostate, tout ce qu’il faut savoir par Pr.
Marc Zerbib et Dr Martine Perez, Editions Solar, Paris 1998
231 pages
-
Tout savoir sur la prostate par Pr. Bernard Debré,
Editions Favre, Lausanne 2001 151 pages (avec glossaire)
-
Divers articles de revue, brochures et entretiens particuliers
Apples,
novembre 2003 /jd